24 janvier 2013: Débat sur la politique de l’hébergement

Le par

Intervention en 2ème séance du jeudi 24 janvier 2013 lors du débat sur les suites du rapport présenté au nom du comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques sur la politique de l’hébergement.

 

 

Lire son intervention:

Madame la présidente, madame la ministre, madame la rapporteure, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, notre pays est touché par une crise qui est sans doute la plus grave qu’il ait connue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Cette crise et la spéculation ont abouti à un doublement des prix de l’immobilier en dix ans, entraînant les loyers dans la même spirale. Les ménages consacrent, en moyenne, un quart de leurs revenus mensuels au logement, et 1,2 million de personnes attendent un logement social, souvent depuis au moins six ans. Cette situation ne permet plus à nos concitoyens en situation de précarité de se loger décemment et aux plus démunis d’avoir un toit. Nombre d’entre eux sont dans l’obligation de faire appel aux dispositifs de logements temporaires ou d’hébergement d’urgence. En Haute-Vienne, comme partout en France, des dispositifs d’urgence et d’accompagnement ont été mis en place. Ceux-ci – maisons-relais, hébergements d’insertion, résidences sociales – sont renforcés, comme dans tous les départements, par des mesures complémentaires en période hivernale. Durant tout l’hiver, la capacité totale d’hébergement et de logement temporaire en Haute-Vienne est de 660 places, dont 63 places d’hébergement d’urgence à l’année, auxquelles s’ajoutent 28 places d’urgence supplémentaires en période hivernale.

La majorité de ces places d’hébergement d’urgence est gérée par le 115, créé en 2001 et piloté par une association de réinsertion sociale. Afin d’accompagner les demandeurs et de répondre aux situations d’urgence, une équipe de médiation de rue a été mise en place à Limoges en 1997. Elle a pour objet de créer un lien de confiance avec les personnes dans la rue pour permettre la mise en place d’un accompagnement social. L’équipe de rue effectue des maraudes, trois à quatre fois par semaine, dans le centre ville ainsi que dans les lieux fréquentés par les « personnes à la rue ». Il ne s’agit pas d’un SAMU social, mais les membres de cette équipe ont des publics et des « lieux de vie » des personnes sans domicile une connaissance qui fait d’eux des interlocuteurs privilégiés en cas de demande d’aide de la part de ces dernières. Ce sont également des acteurs vigilants quant à l’état de santé de ce public, très souvent affecté par les conditions de vie dans la rue. En période hivernale, l’équipe de rue intensifie ses maraudes en journée et en soirée et peut être amenée à réaliser des interventions particulières pour répondre à des signalements. En période de grand froid, l’action concertée des centres sociaux communaux et des associations est essentielle. Les équipes de la Croix-Rouge renforcent les interventions des équipes de rue et l’action des bénévoles, notamment du Secours catholique.

Des dispositifs existent donc, en particulier en milieu urbain. Cependant, ils peuvent apparaître insuffisamment adaptés aux besoins réels et, surtout, au monde rural. Bien sûr, les mesures prises pour la période hivernale permettent de répondre à une partie de la demande, mais pouvons-nous nous en satisfaire ? Il est certes très important que personne ne se retrouve sans solution d’hébergement l’hiver, mais est-il acceptable que dans notre pays des personnes en situation de très grande précarité ne se voient pas proposer de logement décent à l’année ? Une réforme structurelle à la hauteur de cette crise sociale doit voir le jour.

Madame la ministre, vous avez annoncé que la « politique du thermomètre », c’était terminé. Nous devons donc nous donner les moyens de traduire cet engagement dans les faits. Pour mettre en œuvre cette orientation, le ministère de l’égalité des territoires et du logement devra s’attacher à ouvrir un dialogue constructif avec les collectivités territoriales et les acteurs associatifs. C’est un prérequis pour mettre en œuvre les moyens nécessaires au développement d’une offre de logement diversifiée et adaptée aux besoins, qui non seulement réponde à l’urgence, mais propose également des solutions pérennes pour tous. Ce défi sera relevé si nous nous engageons à voter ici une réforme d’ampleur. Celle-ci passera par la mise en place d’un service public de l’hébergement et de l’accès au logement. Nous devrons pour cela nous appuyer sur une analyse permanente des besoins. Le logement est un des principes de base de l’insertion et de la sortie de la précarité ; des mécanismes doivent permettre demain à la fois le maintien dans leurs logements des ménages en difficulté financière et un accompagnement social vers le logement des personnes sans domicile.

Une politique globale, volontariste et concertée du logement visant notamment à augmenter l’offre de logements sociaux – en particulier de logements très sociaux – est nécessaire tant en milieu urbain qu’en milieu rural. Les territoires ruraux ne sont pas épargnés et des personnes en très grande difficulté y vivent. Contrairement aux grandes villes et aux agglomérations, les communes et les intercommunalités n’ont pas aujourd’hui les moyens financiers pour répondre à ces besoins.

Madame la ministre, je compte, nous comptons tous sur le Gouvernement pour mettre en œuvre une véritable politique en faveur des plus déshérités, un objectif qui, hélas, a été négligé pendant dix ans.

(Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)

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